27.02.2011
Thème 2011
L’écrivain et l’indescriptible
Ce que l’on ne peut pas dire, il faut l’écrire. La réunion internationale des écrivains à Lahti 2011 pose la question de la relation de l’écrivain avec le langage et des limites de la narration.
Il y a des choses qui ne peuvent pas être nommées, que le langage n’attrape pas. Les sens transmettent des informations qui non-langagières – comment les transformer en écriture ? Comment l’écrivain décrit-il les horreurs qui dépassent la compréhension, ou la jouissance qui fuit les mots ? Comment met-il en mots les souvenirs, les rêves, les fantasmes qui se cachent, réprimés, dans son esprit ? Est-ce qu’il remplit des trous dans la réalité, ou est-ce qu’il perce des trous dans ce que nous croyons être la réalité ?
à côté de la littérature vivent d’autres formes de l’interprétation du monde ; l’écrivain peut-il chercher des nouvelles façons de dire dans ces régions ?
La communauté ou la société peuvent imposer leurs limites à la narration. Quel type de langage l’écrivain choisit-il dans un monde de censure et de mots arrachés ? Quelle est la relation de l’écrivain avec les tabous, ces dimensions de la sexualité, de la mort, ou du sacré que l’on n’est pas autorisé á décrire ? La responsabilité de la littérature est-elle de pénétrer partout, de tout montrer ?
Ou l’écrivain est-il un gardien du silence, qui, au lieu de dévoiler, protège les secrets et l’au-delà du langage ?
